Il déclarait alors : « S'il y a une chose dont je suis sûr, c'est que
jamais je ne repartirai dans une telle galère ! ». Onze ans plus tard,
il se « parjure » en s'attaquant au Pacifique Nord, le plus monstrueux
des océans. Le 11 juillet 1991 à Choshi (Japon), il embarque à bord d'un
minuscule bateau. Le 21 novembre suivant, il atteint la côte
américaine.
Cent trente-quatre jours de lutte incessante contre les éléments
déchaînés, la solitude, la peur, la douleur, le doute, la détresse;
contre les typhons, les chavirement, la mort qui rôde... Un combat
démesuré, la victoire sur lui-même. C'est l'exploit d'un homme seul,
complice de la mer, qui salue l'océan en ces termes : « Je n'ai pas
vaincu le Pacifique, il m'a laissé passer ».
Gérard d'Aboville est l'un de ces aventuriers qui repousse sans cesse
ses propres limites pour pouvoir les dépasser et en faire un exemple
pour que « des milliers de personnes retrouvent espoir et énergie ».
« J'ai réussi, pourquoi pas eux ».
Homme de convictions, il s'est lancé dans la politique (Député
européen pendant cinq ans) puis dirige aujourd'hui la Fondation du
patrimoine maritime.